A present from Maurice Béjart

Si j’ai pu rencontrer Béjart je le dois avant tout à Michel Robert qui l’avait suivi durant très longtemps, en sa qualité de biographe, si je me souviens bien.

C’était un copain producteur dans le monde du spectacle, Xavier Lechanteur, qui m’avait branché sur Michel. Le plus amusant c’est qu’en fait j’ai redécouvert Michel, que je connaissais depuis ma plus petite enfance. Il habitait à quelques maisons de la mienne, dans la même rue, à Woluwé-Saint-Pierre.

Maurice Béjart m’a accordé deux entrevues dans sa loge, au palais des Beaux-Arts à Bruxelles. Lors de la première entrevue je lui ai parlé de mon projet. Il était déjà diminué par la maladie, mais son regard maquillé n’avais rien perdu de son intensité. Il m’a écouté avec politesse. Je lui ai raconté mon film Glenn (qui deviendrait dix ans plus tard The Droid). Je voulais qu’il s’occupe de chorégraphier le mouvement des robots et surtout leurs déplacements vol. Ensuite, j’ai pris congé de lui et nous avons convenu de nous revoir quelques jours après.

Lors ce que j’y retournai, toujours sous le parrainage amical de Michel, Béjart me reçut à nouveau dans sa loge. Il m’a regardé et m’a dit en substance : « Je ne connais rien aux robots. Ce n’est pas mon monde. Je ne peux pas vous aider ». J’avoue que j’étais un peu déçu ; entre les deux rendez-vous je m’étais mis à espérer. Je lui ai simplement dit que j’étais désolé de sa décision, que je la comprenais, mais qu’il avait au moins fallu que j’essaie.

Et puis, alors que je m’apprêtais à partir, il m’a fait un cadeau.

Il m’a demandé « Quel âge avez-vous ? ». Je lui ai répondu « 39 ans », c’était en 2007. Et lui de me dire alors « J’ai moi-même vraiment commencé à votre âge et j’ai fait comme vous, j’ai frappé à toutes les portes ».

Crédit photo: https://resize.over-blog.com/400×400-ct.jpg?http://we.over-blog.com/0/00/12/38/2011-03/Maurice-Bejart-.jpg

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